RDC : « 170 personnes enlevées contre rançons entre 2017 à 2020 » affirme HRW

« 170 personnes, dont de nombreuses femmes ont étaient kidnapés par des gangs armés depuis 2017 », vient de publier jeudi 30 juillet,  le Human rights watch dans un rapport intitulé « R.D. Congo : Kidnapping et viols en série dans le parc de virunga. »

De décembre 2019 à fin juin 2020, Human Rights Watch a interrogé 37 personnes au sujet des enlèvements, notamment 28 survivantes de violences sexuelles, dont 5 étaient des enfants à l’époque où ces abus ont été commis. Human Rights Watch s’est également entretenu avec des activistes locaux, des responsables du gouvernement et du parc, ainsi qu’avec des membres du personnel de l’ONU affirme le rapport.

Human Rights Watch  signale dans son rapport, que la plupart des incidents signalés, « les femmes et les filles enlevées ont été systématiquement et régulièrement violées, plusieurs fois par jour, et parfois par plusieurs hommes. Leurs ravisseurs les violaient souvent à côté des otages masculins, qui étaient ligotés. Les viols commençaient habituellement dès la première nuit. »

L’ONG informe que ces  enlèvements ont bouleversé la vie des femmes et des filles qu’elle a interrogées, leur infligeant des dommages et un traumatisme de longue durée.

Et dans la plus part de cas, après leur libération, leur mari ou leur partenaire les avait abandonnées, ou que les membres de leur famille et de leur communauté les avaient blâmées pour ce qui leur était arrivé ou les avaient narguées.

La responsabilité des autorités

© 2020 John Emerson pour Human Rights Watch

Perpétrés principalement dans le groupement de Bukoma du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord Kivu qui est contrôlée par le groupe rebelle rwandais RUD-Urunana – faction dissidente des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ce groupe armé a été impliqué dans des enlèvements ces dernières années. Et non loin de là, la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, la MONUSCO, dispose d’une base dans un rayon de 10 kilomètres.

Du côté de la police et  des forces armées de la République démocratique du Congo, les nombreux anciens otages ont déclaré que les membres de leurs familles ne croyaient pas que les autorités ou la police congolaises leur viendraient en aide.

D’autres ont indiqué que les membres de leur famille craignaient des représailles de la part des ravisseurs s’ils allaient demander l’aide de la police.

Cette vague d’enlèvements et l’inaction des responsables de l’application des lois a conduit des hommes des communautés affectées à former des groupes d’auto-défense. Des activistes locaux ont fait état de plusieurs cas de justice populaire expéditive. En novembre 2019, des hommes armés de flèches et de machettes ont tué trois hommes soupçonnés d’être des membres de ces bandes criminelles, dans le groupement de Bukoma.

Situé à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, le parc des Virunga s’étend sur 7 800 km2 dans la province du Nord-Kivu, fief de plusieurs milices et groupes armés d’importance diverse et qui se livrent à tous les trafics.

 

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